Ce matin on se lève aux aurores. On a un bus à prendre ! Pas le temps de petit-déjeuner de toute façon à cette heure ci le buffet est fermé. Nos sacs sont prêts, on part vers la gare de bus de Varadero.

On pensait être tranquille pour acheter nos billets, mais il y a déjà foule... On fait la queue-leu-leu en prenant notre mal en patience. Les mecs qui vendent les billets sont vraiment très lents, on se demande même si ils ne le font pas exprès quand on les voit déchirer les 4 bords de chaque ticket a l'aide d'une règle. À ce rythme là, on risque de rater notre bus pour la Havane... Après 45min d'attente (à se faire passer devant par les plus aisés arrivés en retard mais qui ont eu droit à des tickets achetés à l'avance par leurs hôtels de luxe), on peut enfin acheter nos tickets. On court vers le bus en demandant au chauffeur si il va bien vers la capitale. Il nous fait comprendre que c'est le bon et nous fait signe de monter dans le bus.

2 minutes plus tard, alors qu'il était installés et sur le point de démarrer, cette même personne crie dans le bus que 2 personnes lui ont donné des tickets pour la Havane alors que lui va à Trinidad. On cherche pas à comprendre et on change de bus illico-presto. Ce soubretaut de professionnalisme de la part du chauffeur nous a évité de nous retrouver à l'autre bout du pays.

Bus Varadero - La Havane

10 CUC (8,85€)

3 heures de trajet

La station se trouve entre Calle 36 et la Autopista à Varadero

www.viazul.com

 

Le trajet se passe plutôt bien, le bus est confortable, la route est agréable. On passe par la typique Matanzas, berceau de la rumba cubaine, puis on traverse des paysages montagneux, on découvre de belles plages désertiques, des champs de sucre de canne, des ponts qui ont du mal à tenir debout, des maisons colorées... nous sommes étonnés de voir qu'il y a de nombreux derricks en fonctionnement le long des côtes. Les cubains que l'on croise sont à vélo ou dans leurs vieilles voitures américaines. Dans le ciel les vautours sont nombreux. Après 3 heures de trajet on arrive enfin à la capitale. On s'arrête dans la vieille ville à la recherche de notre casa particuliar.

Une casa particuliar, c'est comme une maison d'hôte. On va dormir chez les gens. C'est un moyen abordable pour dormir à Cuba. Les prix restent quand même relativement élévés car les hôtes doivent verser une très grosse partie de ce revenu à l'Etat. Elles sont assez facile à repérer en ville parce que le logo suivant apparait à proximité de la porte d'entrée.

Direction la Havane

Nous voilà devant la bonne porte à l'heure prévue. On toque: rien... On sonne: rien... On crie: rien... On attend: rien (forcément). Sans moyen de communication, on décide de la jouer à l'ancienne (à l'époque lointaine où y'avait pas de téléphones portables) et on va faire un tour dans le quartier. On en profite pour manger un sandwich dans un resto/cafeteria à la déco bien kitsch. La carte est plutôt fournie mais on a dû s'y reprendre à 3 fois pour avoir un truc qu'ils avaient. Le rationnement de la bouffe ça doit pas être rigolo tous les jours pour les restaurateurs.

Gobelets en plastique à fleurs et déco bicolore.

Gobelets en plastique à fleurs et déco bicolore.

Notre jus de fruit chimique ingurgité, retour à la casa particular, on recommence notre cirque devant la porte. Toujours rien...

Finalement un vieil homme s'approche de nous avec des sacs remplis de bouffe. Lui aussi semble vouloir entrer. Il sonne et toque sans plus de résultat. Il sort un téléphone portable et passe un appel. On est étonnés parce qu'on pensait que ce genre d'appareils électroniques étaient interdits ici. Pour rappel, quand on arrive à Cuba, sur la petite fiche de renseignement qu'on doit remplir dans l'avion on apprend qu'il est interdit d'apporter des GPS, des radios ou tout appareil de communication.

Finalement la porte s'ouvre toute seule. Au lieu d'un système sophistiqué, on voit une ficelle attachée à la serrure et qui court tout le long du couloir jusque dans les étages! On est aussi amusés par l'ingéniosité des cubains qu'agacés par leur manque de ponctualité. Mais bon... "pas d'violence, c'est les vacances".

Quatre étages plus haut, on tombe sur une double porte. En plus des grilles partout aux entrées des maisons, ils barricadent aussi leurs propres portes. C'est fou cette parano!

C'est la femme de ménage qui nous ouvre et nous montre notre chambre. Tout est tellement propre qu'on se sent mal d'être aussi privilégiés alors que les cubains eux-même sont dans le besoin.

Pas le moment de trainer, une fois les affaires posées, on part à la découverte de La Havane. L'activité dans les rues dénote avec l'état général des habitations. Heureusement il y a de belles couleurs qui rendent cette ville si particulière.

Direction la Havane
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Quoi que... ces ruelles vivantes, colorées avec de forts contrastes nous rappellent vivement le Népal.

Au bout d'une ruelle on voit la mer. Naturellement on s'y dirige et on se retrouve rapidement sur le Malecón, cette longue digue de 8km qui protège la ville des assauts des vagues. Les cubains ainsi que les touristes aiment s'y promener, et on comprend pourquoi! D'ailleurs cet endroit est classé au patrimoine mondial de l'Unesco.

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On longe ce long waterfront qui est aussi l'Avenue Maceo, les vieilles voitures crachent leur fumée noire et les taxis nous accostent.

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Nous voilà aux pieds d'un endroit emblématique de La Havane, l'Hôtel National de Cuba! Cet hôtel construit en un peu plus d'une année est un haut lieu historique de ce pays. Il a accueilli un paquet de célébrités (dont de nombreux membres de la pègre internationale) et qui sert maintenant d'attrape-touriste.

Il est en bord de mer et surélevé par rapport à la digue. Dans ses jardins il y a des canons énormes qui servaient à intimider les américains.

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Après ça on est retourné dans le cœur de la vieille ville et nous y avons tourné tout le reste de notre journée en essayant d'immortaliser les différentes scènes de rues sur lesquelles on avait la chance de tomber.

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Si les rues étroites sont souvent dans la pénombre, aux heures les plus chaudes de la journée, celles-ci sont très peu fréquentées.

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On se retrouve à suivre un marchand ambulant qui diffuse une musique enfantine. Ses glaces n'ont pas l'air d'avoir du succès jusqu'à ce qu'un petit bras s'agite à travers une grille.

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Ces grilles sont presque partout, même aux fenêtre des étages. Il semble que ces grilles servent à empêcher les cambriolages, dans un pays où tout est rationné et qui dispose de très peu de ressources, c'est surement un réflexe de survie. Pourtant on se sent relativement en sécurité dans les rues de La Havane.

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On assiste à de nombreuses conversations à travers ces grilles, les gens barricadés chez eux s'interpellent de fenêtre à fenêtre, ou depuis la rue. Ça donne une atmosphère spéciale à la ville.

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Pourtant il y a bien des sonnettes sur les portes... mais il ne faut pas avoir peur de se faire électrocuter!

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La Havane ne nous déçoit vraiment pas, on ressent clairement une authenticité qu'il n'y avait pas à Varadero.

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Nous marchons toute la journée, jusqu'à se faire surprendre par la nuit qui arrive. À ce moment là nous sommes proches du port. L'endroit est historique et il y a pas mal d'activité. On croise une vendeuse ambulante qui propose les fameux cônes en papier qu'on a vu tout au long des routes à Varadero.
L'occasion pour nous d'enfin savoir ce qu'il y a dedans et de révéler la réponse tant attendue depuis notre dernier article! Dedans se trouvent en fait des cacahuètes grillées. Ils appellent ça "mani". C'est la "street-food" locale. Le terme est d'ailleurs approprié puisqu'ils mangent souvent ça au bord des routes.

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Les "taxi coco" (un peu moins old school que les vieilles américaines lustrées) attendent le touriste mais on préfère rentrer à pieds et voir des choses en chemin.

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On décide d'aller à un resto qu'on avait repéré à l'avance. Mais il y a une longue file d'attente remplie de touristes. L'endroit semble authentique, il y a un groupe qui joue de la salsa mais c'est l'usine. C'est quand on voit un touriste japonais assis tranquillement à sa table se faire racketter par un musicien du groupe qu'on décide de ne pas aller dans ce resto.

On en trouve un beaucoup plus calme à quelques rues de là. Un serveur qu'on a dérangé pendant sa pause clope accoudé à la porte d'entrée du resto nous apporte les cartes. Encore une fois, on doit jouer aux devinettes en choisissant ce qu'on veut manger. À vrai dire, dans les restaurants à Cuba, on ne choisit pas ce qu'on veut manger, mais ce qu'on peut manger. Ça irait bien plus vite si ils nous disaient d'emblée les plats qu'ils ont ou pas.

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Après ce petit mojito dans le pif, nous rentrons nous coucher dans notre casa particular.

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